Troisième mobilité du projet : immersion au Centre multiculturel Jules Verne de Novi Sad
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Dans le cadre de notre projet européen consacré à l’évaluation des compétences chez les jeunes enfants, nous avons effectué notre troisième mobilité à Novi Sad, en Serbie. C’est le Centre Jules Verne, partenaire du projet, qui nous a accueillies pour cette étape. Le Centre Jules Verne est un établissement singulier et riche d’une histoire de trente ans. Il propose un enseignement du français à des jeunes âgés de 6 à 20 ans, sur la base du volontariat, et accueille également une maternelle agréée par l’État serbe, au sein de laquelle le français est enseigné de façon intégrée. Une cinquantaine d’enfants et de jeunes y sont scolarisés. Trois décennies d’existence ont permis au centre de construire une expertise reconnue en matière d’apprentissage des langues et de coopération internationale — un savoir-faire qui transparaît dans chacune de ses pratiques.
L’équipe pédagogique est composée d’enseignants de français — Jovana, Jelena et Nikola — ainsi que d’enseignants serbes pour la section maternelle. Chaque année, entre trois et cinq volontaires européens âgés de 18 à 30 ans rejoignent cette équipe dans le cadre du Corps européen de solidarité. Lors de notre mobilité, quatre volontaires étaient présents : trois originaires de France et un de Belgique, âgés de 19 à 25 ans. Leur présence a apporté une dimension supplémentaire aux échanges, incarnant concrètement la dimension européenne du projet.
Objectifs de la mobilité
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Cette mobilité s’inscrivait dans la continuité des précédentes, avec le même objectif central : permettre aux partenaires du consortium de visiter des environnements éducatifs différents des leurs, afin d’explorer et de partager des pratiques d’évaluation des compétences chez les enfants de 7 à 11 ans. Le programme s’articulait autour de quatre temps. Un premier temps d’observation directe d’un groupe d’élèves en situation de classe a ouvert la mobilité. Une session de travail collaboratif a ensuite permis de co-construire des activités d’évaluation des compétences. Un troisième moment d’échanges a favorisé le partage de bonnes pratiques et de retours d’expériences entre participants. Enfin, une réunion de travail hybride a réuni l’ensemble du consortium pour faire avancer les travaux communs. La composition du groupe réunissait un représentant de chaque partenaire (ainsi qu’un représentant de Par Le Monde), un expert de l’éducation formelle du pays hôte, un expert du pays recevant, et entre dix et vingt enfants âgés de 7 à 11 ans.
Observations en classe
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La séquence d’observation nous a plongées dans un contexte éducatif peu ordinaire. Le Centre Jules Verne n’est pas une école de français comme les autres : le fait que les enfants y viennent volontairement, en dehors ou en complément de leur scolarité habituelle, crée une dynamique de classe particulièrement engagée. La motivation intrinsèque des élèves est palpable, et elle influe directement sur la nature des apprentissages et sur les formes d’évaluation mises en place. Nous avons observé une approche pédagogique qui mise fortement sur les compétences langagières en situation réelle : jeux de rôles, projets collectifs, interactions spontanées en français entre élèves de niveaux différents. L’évaluation y prend des formes souples et continues, intégrées au fil des activités plutôt que concentrées sur des moments formels. Cette conception de l’évaluation comme outil d’apprentissage et non comme simple mesure de performance a nourri de nombreuses réflexions au sein du groupe. La cohabitation entre enseignants serbes et volontaires européens génère également une richesse pédagogique spécifique : les enfants évoluent dans un environnement naturellement plurilingue et pluriculturel, ce qui développe des compétences de médiation et d’adaptation peu souvent observées dans des contextes scolaires plus homogènes.s classiques ne savent ni voir ni valoriser.
L’atelier de travail collectif a réuni les représentants des partenaires et l’équipe du Centre Jules Verne autour de la co-construction d’activités d’évaluation des compétences. L’expertise du centre en matière de coopération internationale s’est révélée un atout précieux : habitués à travailler avec des partenaires européens de profils variés, les membres de l’équipe ont su faciliter les échanges et formuler des propositions ancrées dans leur réalité de terrain. Les discussions ont permis d’approfondir plusieurs questions clés : comment évaluer des compétences qui ne se donnent pas à voir dans les productions écrites classiques ? Comment tenir compte de la diversité des contextes nationaux dans l’élaboration d’un référentiel commun ? La présence des volontaires européens a apporté un regard complémentaire, à mi-chemin entre celui des professionnels de l’éducation et celui des jeunes adultes encore proches de leur propre expérience scolaire.
Retours d’expérience
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Cette troisième mobilité a été marquée par la découverte d’un modèle éducatif qui sort des cadres habituels. Le Centre Jules Verne illustre ce que peut produire, sur trente ans, un engagement constant en faveur de l’apprentissage des langues et de l’ouverture internationale. Son histoire est en elle-même une démonstration que les compétences — de coopération, d’adaptation, de communication interculturelle — se construisent dans la durée et dans la relation à l’autre.
La dimension volontaire de la fréquentation du centre pose également une question stimulante pour notre projet : dans quelle mesure l’engagement volontaire de l’enfant dans ses apprentissages modifie-t-il la nature des compétences qu’il développe, et la façon dont on peut les évaluer ? Cette interrogation, née de l’observation, rejoint des réflexions plus larges sur la motivation, l’autonomie et la valorisation des compétences informelles. Sur le plan humain, l’accueil de Jovana, Jelena, Nikola et de toute l’équipe du centre a été remarquable de générosité et de professionnalisme. Les volontaires européens présents ont contribué à créer une atmosphère de travail détendue et ouverte, propice aux échanges authentiques. Nous repartons de Novi Sad avec de nouvelles pistes de réflexion et une conviction renforcée : la diversité des contextes éducatifs que nous traversons au fil de ces mobilités est la matière première la plus précieuse de notre projet commun.
