Première mobilité du projet : lancement à l’école élémentaire Jean Zay de Rivesaltes
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C’est à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, qu’a débuté l’aventure de notre projet européen consacré à l’évaluation des compétences chez les jeunes enfants. Cette première mobilité, accueillie par Céline Vergne au sein de l’école élémentaire Jean Zay, a posé les bases d’une dynamique partenariale qui allait se déployer au fil des étapes suivantes.
L’école Jean Zay est un établissement de taille significative, avec 250 élèves. Elle se distingue notamment par son attention portée à l’inclusion scolaire : une dizaine d’élèves à besoins spécifiques y sont scolarisés, accompagnés par des AESH — accompagnants des élèves en situation de handicap — qui travaillent en étroite collaboration avec les enseignants. Cette réalité, présente dans de nombreuses écoles françaises, a constitué un point d’entrée riche pour les échanges avec nos partenaires européens, dont certains contextes nationaux abordent différemment la question de l’inclusion.
Objectifs de la mobilité
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En tant que première mobilité du projet, cette étape avait une dimension fondatrice. Il s’agissait à la fois de lancer concrètement la dynamique de travail entre partenaires et d’explorer les pratiques d’évaluation des compétences dans le contexte de l’école élémentaire française. Le programme s’articulait autour des quatre temps habituels du projet : une phase d’observation en classe, une session de travail collaboratif autour de la construction d’activités d’évaluation des compétences, un temps d’échanges de bonnes pratiques, et une réunion hybride réunissant l’ensemble du consortium. Mais cette première mobilité comportait également une dimension particulière : la co-animation d’une activité entre les enseignantes venues de Grèce et les équipes françaises, qui a donné une forme concrète et incarnée à la coopération européenne que le projet entend promouvoir.
Observations en classe
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Le temps fort de cette mobilité a été la co-animation d’une activité d’arts plastiques portant sur la conception de l’Europe, menée conjointement par les enseignantes grecques venues dans le cadre du projet et les enseignantes de l’école Jean Zay. Cette séance, pensée et préparée ensemble, a permis aux élèves d’explorer leur représentation de l’Europe à travers la création plastique — une approche qui ouvre des espaces d’expression là où les mots atteignent leurs limites. Pour les enfants, travailler aux côtés d’enseignantes venues d’un autre pays européen était en soi une expérience signifiante. Pour les équipes pédagogiques, co-animer une séance dans un contexte linguistique et culturel différent a demandé une adaptation et une écoute mutuelle qui sont précisément les compétences que le projet cherche à valoriser. Cette activité a ainsi été à la fois un contenu pédagogique et une démonstration vivante des objectifs du projet.
L’Asociatia Stea offre un modèle alternatif : un espace où ces compétences peuvent s’exprimer, être reconnues et renforcées. Observer leur travail au quotidien a rappelé à l’ensemble du groupe que l’évaluation des compétences n’a de sens que si elle prend en compte la diversité des contextes dans lesquels les enfants grandissent et apprennent.
La présence des jeunes volontaires du lycée Gheorghe Dragos lors de la visite du centre-ville a également été riche d’enseignements. En acceptant de jouer un rôle d’accompagnateurs et de médiateurs, ces lycéens ont eux-mêmes mobilisé et démontré des compétences sociales et civiques précieuses — compétences que leur propre cursus scolaire peine souvent à rendre visibles.
Valorisation des compétences dans le cursus scolaire
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Le dernier jour de la mobilité a été consacré à une question centrale pour le projet : comment valoriser, dans le cursus scolaire des enfants de ce cycle, les compétences développées à travers des activités comme celle menée la veille ? Ce temps de réflexion collective a permis aux participants de confronter leurs points de vue sur les outils existants — livrets de compétences, portfolios, évaluations narratives — et sur leurs limites respectives. Les échanges ont mis en lumière une tension commune à plusieurs systèmes éducatifs partenaires : celle entre la richesse des compétences réellement développées par les enfants et la pauvreté des outils habituellement disponibles pour les rendre visibles et les reconnaître. Cette tension, nommée et partagée dès cette première mobilité, est devenue l’un des fils conducteurs du projet dans ses étapes suivantes.
Cette première mobilité a rempli sa fonction fondatrice. Elle a permis aux partenaires de se rencontrer dans un cadre de travail concret, de dépasser le stade des présentations pour entrer dans une coopération active, et de poser ensemble les premières briques d’un référentiel commun d’évaluation des compétences. L’accueil de Céline Vergne et de l’équipe de l’école Jean Zay a été déterminant dans la qualité de cette expérience. Leur disponibilité, leur ouverture à des regards extérieurs sur leurs pratiques et leur engagement dans les temps de travail collectif ont créé un cadre de confiance propice aux échanges authentiques. Nous repartons de Rivesaltes avec la conviction que ce projet touche à quelque chose d’essentiel : la capacité des systèmes éducatifs à voir les enfants dans toute leur complexité, à reconnaître ce qu’ils savent faire au-delà de ce qu’ils savent réciter. Les étapes suivantes nous permettront d’approfondir ces réflexions dans d’autres contextes nationaux, en portant avec nous les enseignements de cette première rencontre.
